Accueil » Evènements » L’oiseau n’était qu’un oiseau

Voici un poème écrit par la poétesse iranienne Forough Farrokhzad, que les Iraniens ont pris l’habitude d’appeler par son seul prénom Forough qui signifie “ étincelle ” , une des figures majeures de la poésie contemporaine en Iran.

La traduction a été assurée par notre ami Ghassem ABBASSIAN.

 L’oiseau dit :

« Oh! Quels parfums! quel soleil!

le printemps est arrivé.

Et moi, j’irai à la recherche de l’amour »

 

L’oiseau s’est envolé du bord de la terrasse.

Il s’est envolé comme un message.

Il est parti.

 

L’oiseau était petit.

L’oiseau ne pensait pas.

L’oiseau ne lisait pas le journal

L’oiseau n’avait pas de dettes.

L’oiseau ne connaissait pas les hommes.

 

L’oiseau volait dans les cieux,

au-dessus des feux de danger,

dans les altitudes de l’insouciance.

Et follement,

il expérimentait les instants bleus de sa vie.

 


L’oiseau, ah! n’était qu’un oiseau.

                                                        Traduction : Ghassem ABBASSIAN

One thought on “L’oiseau n’était qu’un oiseau

  1. VINCENT Françoise dit :

    Merci Patricia et Ghassem pour ce poème de Forough dont j’apprécie la poésie connue en début d’année grâce à un site internet « Jardin des Muses ».
    Je me permets de vous en copier un autre d’elle qui me parle beaucoup aussi :

    LE MUR

    Quand viennent ces moments brefs et froids,
    tes yeux sauvages, silencieux, lèvent un mur autour de moi

    Je fuis sur les chemins perdus
    jusqu’à ce que des champs paraissent sous la poussière de la lune
    jusqu’à ce que nous ne fassions qu’un dans les sources de lumière
    jusqu’à la brume chamarrée des chaudes matinées d’été

    Je fuis jusqu’à ce que ma robe déborde de lys du désert
    jusqu’à ce que nous entendions tous deux
    le coq qui appelle depuis le toit du villageois
    jusqu’à ce que de tout son poids mon pieds foule l’herbe du désert
    ou que je m’y désaltère de rosée froide

    jusqu’à ce que sur une grève vide
    du haut de ses rochers perdus dans l’ombre nébuleuse,
    j’échappe aux choréographies des tempêtes sur la mer

    jusqu’à ce qu’en un soir lointain,
    – comme les pigeons sauvages,
    j’entreprenne le parcours des champs, du ciel, des montagnes

    jusqu’à ce que les oiseaux du désert
    crient de joie d’entre les broussailles sèches

    je t’échappe pour que – loin de toi
    je trouve le chant de l’espoir, ainsi que tout ce qu’il contient
    mais avec leur cris éteint tes yeux me brouillent le chemin
    vers la pesante grille d’or qui conduit au palais des songes,
    levant un mur autour de moi, comme la destinée d’un jour,
    au plus fort de son mystère

    j’échappe à l’envoûtement des victimes hésitantes,
    je me défais comme le parfum de la fleur coloriée des songes,
    m’agrippe à l’onde des cheveux de la nuit dans le zéphyr,
    m’en vais accoster le soleil

    dans un monde qu’un confort perpétuel a endormi
    je trébuche avec douceur sur un nuage doré,
    la lumière lance ses griffes au travers du ciel égayé,
    en une harmonieuse esquisse

    C’est de cet endroit-là qu’heureuse et libre,
    je fixe mes yeux sur un monde où le sortilège
    de ton regard construit un lien avec un regard confus

    Un monde où tes yeux envoûtants,
    au plus fort de leur mystère,
    lèvent un mur sur leur secret

    Forough Farrokhzâd –
    traduit du persan par Sylvie M. Miller

    Bravo à Patricia pour le travail qu’elle accomplit sur ce blog très riche en informations et pour le texte émouvant qu’elle a rédigé récemment en hommage à notre Gaby partie si vite.
    Amicalement :
    Françoise VINCENT
    (qui participe au groupe de paroles des accompagnants et qui Souhaite promouvoir « Clair de Plume » un atelier d’écriture pour malades et familles).

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