Accueil » Infos médicales » Intérêt de la pratique des activités physiques adaptées dans la lutte contre l’évolution de la maladie de Parkinson

Dans la maladie de Parkinson, la perte de cellules dopaminergiques conduit à des troubles pouvant être de deux types : moteurs et non moteurs.

Parmi les troubles moteurs, nous pouvons retrouver une lenteur à réaliser les mouvements, un manque d’amplitude, des difficultés pour effectuer et contrôler une gestuelle vive et répétitive. Nous englobons ces différents symptômes moteurs sous le terme d’« akinésie ». Les capacités de marche peuvent être réduites, notamment par une tendance au freezing, au piétinement.

 D’autres signes moteurs peuvent s’y ajouter, à savoir un tonus excessif des muscles fléchisseurs du haut du corps se traduisant par une tendance à une courbure vers l’avant, un balancier du bras moins utilisé, une perte des capacités d’équilibre, des tremblements, avec des signes plus présents d’un côté que de l’autre.

 En ce qui concerne les troubles non moteurs, nous notons des troubles cognitifs et notamment des troubles des fonctions exécutives. Ils ont une incidence directe sur la motricité. Cela se manifeste par des difficultés à planifier, élaborer un mouvement. Réaliser deux tâches en même temps peut devenir délicat, d’où des difficultés de coordination.

 Au vu des symptômes, dans une grande proportion, la tendance du sujet parkinsonien est de rentrer dans « un cercle vicieux de déconditionnement à l’effort ». L’engagement dans cet engrenage négatif provient du fait qu’ayant plus ou moins des pertes d’équilibre, notamment à la marche, le malade peut s’exposer à des risques de chute. Par crainte de tomber, il va éviter de se confronter à l’environnement, va réduire son niveau d’activité et s’isoler. De ce fait, des pertes de capacités physiques (force, endurance, souplesse) et psychologiques (estime de soi) vont être engendrées et conduire à un risque de chutes plus important. En effet, il existe une étroite relation entre la puissance musculaire et l’équilibre. Une faiblesse musculaire augmente le risque potentiel de chute.

 Afin d’aller à l’encontre de cette spirale négative, il est important de se mobiliser et d’entrer dans un « cercle vertueux de reconditionnement à l’effort ». Cela consiste en la reprise ou le maintien d’une activité physique la plus régulière possible afin d’entretenir et améliorer ses capacités physiques, de diminuer par conséquent le risque potentiel de chute, mais aussi de conserver un niveau élevé de confiance en soi. Le travail sur la confiance en soi est très important. Une personne qui a ou qui retrouve confiance en elle s’engagera d’autant plus facilement dans une activité physique.

 L’intérêt de la pratique des activités physiques dans la lutte contre l’évolution de la maladie de Parkinson

 Plusieurs activités physiques sont particulièrement conseillées pour lutter contre l’avancée de la maladie de Parkinson. Parmi ces activités, nous retrouvons la marche qui peut se décliner sous diverses formes de pratique suivant les capacités physiques (endurance, équilibre) de la personne.

 Nous pouvons conseiller de marcher en extérieur sans bâton, tout comme de faire de la marche nordique qui est une forme de pratique avec un bâton dans chaque main. Les avantages de cette dernière concernent plusieurs points :

–          Le fait d’avoir un bâton en main incite à réutiliser le balancier du bras.

–          Un travail de coordination est effectué en cherchant à avancer simultanément pied et bras opposés.

–          Un maintien d’une posture plus droite grâce aux appuis sur les bâtons.

–          Une sécurité de pratique apportée par la présence d’appuis au sol supplémentaires grâce à l’utilisation des bâtons, provoquant ainsi des sensations plus importantes d’équilibre et de confiance en soi.

 Une étude a mis en évidence les bénéfices de la pratique de la marche nordique à raison d’une heure, deux fois par semaine pendant six semaines. D’une part, une excellente adhésion des participants a été notée du fait du caractère ludique et sécuritaire de cette activité. D’autre part, en termes de bénéfices physiques, au bout des six semaines de pratique, une amélioration des capacités de marche et notamment de la distance de marche effectuée ont été observées au cours de la réalisation de « test de marche de six minutes ».

 Dans la mesure où une personne serait trop faible physiquement ou psychologiquement pour effectuer une marche en milieu extérieur, il est tout à fait possible de réaliser la pratique en intérieur sur tapis de marche. L’avantage de celui-ci est d’apporter un côté sécuritaire du fait de pouvoir se tenir et de pouvoir s’arrêter dès que souhaité. Des études ont mis en avant les bénéfices de cette pratique, amenant l’auteur de ces études à dire que le travail sur tapis roulant peut posséder « un véritable potentiel thérapeutique ». On a pu observer une augmentation de la vitesse de marche, une amélioration de la qualité de vie ainsi qu’une diminution des oscillations du corps suite à une pratique de trente minutes par séance, trois à quatre fois par semaine. Une autre étude a enregistré des améliorations de la distance de marche réalisée sur tapis (de 226 à 726 mètres) et de la vitesse de marche maximale tolérée (de 1,9 à 2,6 Km/h) suite à une pratique deux fois par semaine pendant huit semaines avec augmentation progressive de la vitesse.

 Comme la marche, une autre activité physique à privilégier est la pratique du vélo. Suivant les capacités physiques de chacun, elle peut se décliner en extérieur ou tandem pour les personnes dont l’équilibre n’empêche pas la pratique ; en vélo d’appartement pour les personnes en manque d’équilibre ou d’endurance, permettant ainsi de travailler tout en assurant sa propre sécurité.

 Une autre activité physique ludique, bien tolérée et tout autant indiquée est la danse, notamment le tango argentin faisant l’objet de plus en plus d’études. Demandant concentration, mémorisation et coordination, cette activité répond directement aux besoins de travail d’un sujet atteint de la maladie de Parkinson. Elle met en œuvre une stratégie pour faire face au freezing (enjamber le pied d’une personne, déplacer le poids du corps de droite à gauche).

 Concernant le manque de souplesse, la rigidité peut être améliorée par des mouvements réalisés en gymnastique spécifique, à laquelle peut s’ajouter de la balnéothérapie.

 Accompagnées d’une respiration adaptée, des activités telles que le streching, le yoga, le taï-chi sont directement indiquées pour le travail d’étirements corporels. Ces exercices peuvent être notamment réalisés au réveil afin d’assurer un échauffement général en douceur et faciliter la mise en route du quotidien. Souffler longuement et profondément tout en s’étirant permettra de soulager les douleurs et raideurs matinales liées à l’inactivité du corps pendant le sommeil.

 Le travail en milieu aquatique tel que la balnéothérapie ou l’aquagym est tout aussi conseillé. Du fait que le poids du corps soit porté par l’eau, la réalisation des mouvements sera facilitée ainsi qu’une sensation de détente sera occasionnée.

 Conscient que toutes les activités physiques énoncées ne puissent être effectuées par chacun des sujets atteints de Parkinson, il est fortement conseillé de poursuivre les exercices à domicile, et la prise en charge en groupe organisée par les associations. Il est nécessaire d’être actif, régulier et progressif dans l’effort. Seule la répétition du mouvement va permettre d’améliorer les schémas moteurs englués, la précision et l’amplitude de ceux-ci.

 Les Activités Physiques Adaptées sont à considérer comme un axe thérapeutique à intégrer à son quotidien. Traitement et activité physique sont deux axes complémentaires. Aucun des deux ne doit être mis de côté, tous poursuivent un même objectif : la qualité de vie du patient.

 Extraits d’un article de Julien Roussillon,

Enseignant en Activités Physiques Adaptées, Thermes de Lamalou les Bains.

 

 

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