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Article médical extrait de « Notre temps » octobre 2014.

Photo : Le Dr Moreau, le Dr Devos et le Pr Defebvre (Gauche à Droite) font partie de l’équipe qui teste un traitement très prometteur contre la maladie de Parkinson.

 

medicamentRalentir l’évolution de la maladie de Parkinson ? C’est l’espoir suscité par un nouveau médicament testé à Lille. Combiné avec d’autres traitements, ce neuroprotecteur puissant pourrait révolutionner  la vie des malades.

questionQuestions au Docteur David DEVOS, neuropharmacologue, qui codirige ces recherches.

parkinsonEn France, 150 000 malades et leurs familles vivent avec la maladie de Parkinson. Décrite en 1817 par un médecin anglais qui lui a donné son nom, cette affection neurodégénérative affecte les cellules nerveuses productrices de dopamine, une molécule qui relaie l’information entre les neurones, indispensables au contrôle des mouvements. Pour le Docteur David Devos, neuropharmacologue, les nouveaux médicaments testés à Lille pourraient changer le pronostic de la maladie.

NOTRE TEMPS : QUELS SONT AUJOURD’HUI LES TRAITEMENTS DISPONIBLES ?

Docteur David Devos : le traitement de référence actuel est destiné à soigner les symptômes en corrigeant le manque de dopamine. C’est beaucoup, mais s’ils assurent une espérance de vie quasi normale, ces médicaments ne sont pas toujours bien tolérés. Ils ralentissent la maladie sans la stopper et peuvent provoquer des addictions.

L. Dopa Il s’agit soit de la L. Dopa, une molécule que le cerveau transforme en dopamine, performante mais responsable de complications motrices. Soit de l’un des agonistes dopaminergiques, dont l’action remplace la dopamine, mais qui ne sont pas toujours suffisamment efficaces.

cerveau.2.Autre option : la stimulation cérébrale profonde, qui nécessite alors une opération de neurochirurgie pour poser des électrodes dans les structures profondes du cerveau. Ses résultats sont souvent spectaculaires pour atténuer certains symptômes. Mais ils ne concernent qu’une petite partie des patients et ne ralentissent pas en tout cas l’évolution de la maladie.

 neurone.1.LE MEDICAMENT QUE VOUS TESTEZ VISE A REDUIRE LA SURCHARGE EN FER …..

Avec le CHU de Lille, l’Université Lille 2 et d’autres équipes nationales et internationales, nous menons une étude depuis 2008 sur la surcharge cérébrale en fer, en cause dans la mort des neurones. Nous parlons d’effet chélateur (prononcer « kélateur »). Nous avons obtenu un ralentissement significatif du handicap avec la défériprone, une molécule qui réduit cette surcharge. Pour la première fois, il est démontré qu’à un dosage précis, son action antioxydante puissante semble limiter la destruction des neurones. Or, comme ce médicament redistribue l’accumulation de fer dans l’organisme, il évite l’anémie qui empêcherait son utilisation. Le fait que ce traitement soit connu et déjà prescrit, à d’autres dosages, pour une maladie rare – la thalassémie majeure -, nous permet d’avancer vite.

cerveau.3. IL S’AGIT D’UNE NOUVELLE CLASSE DE MEDICAMENT ?

Oui, et c’est un grand espoir pour les maladies du cerveau, d’autant qu’il est bien toléré. Chez les 40 personnes atteintes de Parkinson incluses dans l’étude en début de maladie, il a été démontré une amélioration de l’état et de la qualité de vie. Mieux: nous avons observé une diminution de l’évolution de la maladie à moyen terme ! Si cela se confirme, ce serait le traitement neuroprotecteur le plus efficace actuellement. C’est aussi un espoir pour les malades d’Alzheimer et de Sclérose Latérale Amyothrophique – ou maladie de Charcot -, pour lesquels des études sont en cours. Pour Parkinson, nous allons élargir notre étude au niveau européen, avec l’espoir d’un traitement d’ici cinq à sept ans. Ce qui est rapide pour la recherche, même si cela paraît long pour les patients.

cerveau A QUOI EST DUE CETTE MALADIE ?

Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une interaction entre génétique et milieu. S’il existe des gènes de prédisposition, la maladie est rarement familiale (10% des cas). Des éléments dans l’environnement viendraient déclencher la maladie. Les expositions aux métaux lourds, aux pesticides et aux herbicides sont des facteurs de risque désormais reconnus. Depuis 2012, la pathologie a d’ailleurs enfin le statut de maladie professionnelle pour les personnes manipulant des pesticides, notamment les agriculteurs.

 raideur mouvementCOMMENT PERTURBE –T-ELLE LA VIE DES MALADES ?

Les premières années, l’alternance de périodes « avec » et « sans » rend la maladie invisible à certains moments, donc difficile à comprendre pour l’entourage. Elle évolue plus ou moins vite selon les personnes. Les malades développent  souvent des raideurs, une lenteur dans les mouvements, des tremblements. Cependant, une personne atteinte sur trois ne tremblera jamais. Plus tard, des douleurs peuvent apparaître, des problèmes de mémoire, des troubles du comportement, digestifs, salivaires et urinaires. Les malades disent leur difficulté à vivre avec un corps devenu incontrôlable. D’où l’importance d’une prise en charge psychologique en plus d’un soutien kinésithérapie, orthophonie et ergothérapie. En attendant un traitement plus efficace.

 

statistiqueEN CHIFFRES : 150 000 personnes touchées.

En France, c’est la seconde affection neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer. La moitié des 14 000 nouveaux cas dépistés chaque année sont actifs professionnellement. 80% des malades ont plus de 50 ans. 1% des plus de 65 ans est touché.

100% : la maladie fait partie des affections longue durée, prise totalement en charge par l’Assurance-maladie.

3 à 6 mois : c’est l’intervalle conseillé entre les rendez-vous de suivi médical.

1984 : c’est l’année de naissance de l’association France Parkinson créée par le Professeur Yves Agid, et qui soutient les malades dans toute la France.

Article médical extrait de « Notre temps » octobre 2014.

4 thoughts on “Un espoir pour traiter la maladie de Parkinson

  1. Richard dit :

    C’est une très bonne nouvelle !
    J’espère que ces recherches apporteront vite leur fruit, car les personnes atteintes de ces différentes maladies en souffrent vraiment.
    J’ai perdu un grand ami proche à cause de la maladie de Charcot il y a un an. Le médecin n’avait pas trouvé de solution efficace tellement son cas était grave…
    J’espère de tout cœur que ce temps-là sera révolu !
    À suivre…

  2. zibani fethi dit :

    Bravo pour votre recherche et à très vite pour le médicament.

  3. PANIZZI dit :

    Bonjour, le 1er avril 2017 enfin ! La retraite, le 4 avril 2017 un neurologue m’annonce que je suis atteinte de la maladie de Parkinson……… j’espère rencontrer le bon traitement. Bravo pour les chercheurs.

  4. desion dit :

    Bonjour !
    Oui la recherche doit agir ensemble(nationale et internationale) pour trouver le médicament idéal. Assotions les mutuelles, les hôpitaux,etc…..

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